Trois hommes, trois générations, trois séparations : dans un huis clos insulaire, ce roman explore la perte de l’être aimé et la possibilité d’une remise en mouvement.

Après Comme un karatéka belge qui fait du cinéma, où j’avais commencé à introduire des fragments proches du scénario, j’ai poursuivi cette exploration formelle dans Reprise des activités de plein air (titre de travail : Le creux de la vague). Le roman alterne les voix et les formes : trois narrations à la première personne, des échanges de courriels, des pages de journal intime, des chapitres dialogués, des articles de presse. Cette fragmentation n’est pas un jeu gratuit : elle épouse les failles de ses personnages.
Le livre met en scène trois hommes de trois générations différentes : un étudiant en année sabbatique, un quadragénaire installé sur l’île d’Oléron, et son voisin retraité. Tous trois sont séparés de la femme qu’ils aiment — par l’éloignement, le divorce ou la mort. Hors saison, dans une île presque vide, ils apprennent peu à peu à se parler, à partager leurs silences, à trouver l’élan nécessaire pour se remettre en mouvement.
Malgré son ancrage insulaire et son ouverture vers l’Atlantique, le roman fonctionne comme un huis clos. L’espace est vaste, mais l’essentiel se joue à l’intérieur : dans la difficulté à dire la perte, dans la tentative de retisser un lien.
Le manuscrit est resté plusieurs années dans un tiroir. Il a fallu le temps, des discussions éditoriales, et la rencontre avec Arnaud Le Guern aux éditions du Rocher pour que je le reprenne. Cinq ans après ses premières pages, je l’ai enfin achevé. Ce temps long correspond peut-être au sujet même du livre : on ne reprend pas ses activités — de plein air ou intérieures — sur commande.
JCL