Un roman non prémédité, un voyage assumé dans l’absurde.
Un roman né d’un refus des mécaniques narratives. J’avais envie de liberté dans l’écriture, d’explorer les formes. J’ai choisi de mettre en scène un personnage pris au piège d’une carrière professionnelle dans l’impasse, à travers un roman circulaire, où l’absurde et le décalage viennent troubler une mélancolie annoncée.

Ce roman n’était pas prévu. Je sortais d’une longue période d’écriture de polars radiophoniques, puis d’un roman policier rédigé selon un cahier des charges fourni par l’éditeur. Deux exercices efficaces, formateurs, mais soumis à une mécanique narrative contraignante. J’avais envie d’air, d’espace de liberté.
J’ai commencé par écrire quelques lignes d’une nouvelle : un employé de bureau désoeuvré se souvient de ses huit ans. L’ennui professionnel réveille le souvenir des longues heures immobiles de l’enfance, seul dans sa chambre. La nouvelle a grossi. Le point de départ a fait naitre une structure. Très vite, la forme du roman circulaire s’est imposée. Avec elle, est apparue une question : comment surprendre le lecteur alors qu’il sait où nous allons ?
Le ton décalé, parfois absurde, est la réponse que j’ai trouvée. Ce ton venait contrebalancer le caractère mélancolique de la situation de départ. Avec lui, il ne s’agissait plus d’aller quelque part, mais de faire oublier d’où l’on était parti.
JCL