La Campagne de France

Deuxième roman publié aux éditions Le Dilettante, troisième dans l’ordre d’écriture.

Parti d’une phrase provocatrice, et né d’un empêchement à écrire la fin d’un autre texte, ce roman met la France en excursion culturelle et interroge, toujours avec un certain décalage, les rapports entre deux générations.

J’étais en vacances. Parcourant la presse, je tombe sur une interview du philosophe Vincent Cespedes. Une phrase me reste : « La France est un autocar de vieux. » Je cite de mémoire, et j’espère ne pas trahir la formule. Quinze ans plus tard, elle me paraît toujours aussi inconfortable. L’image me frappe par sa cruauté et par sa justesse possible. Un pays en excursion vers son propre passé. L’idée d’un roman naît là : un voyage organisé de retraités à travers la France. Non pas pour s’en moquer, mais pour observer ce que devient un pays lorsqu’il regarde davantage derrière elle que devant.

Je laisse pourtant cette idée de côté. J’achève un autre roman (ou plutôt, j’essaie). Il me résiste. Impossible d’en écrire la fin. J’en parle à mon éditeur, Dominique Gaultier, qui me conseille de passer au suivant. J’y vois un abandon ; il y voit une respiration. Je finis par l’écouter et commence alors La France en autocar — titre de travail. Très vite, deux axes s’imposent : confronter les générations, celle qui a hérité du pays et celles qui se demande ce que lui laisseront ses aînés, et traverser la France contemporaine comme on visite un musée dont on ne serait plus certain qu’il soit vivant.

Le roman s’écrit rapidement. La Campagne de France paraîtra en 2013, trois ans après Le Front russe. Il n’y est pas seulement question d’un autocar. Il y est surtout question d’un pays qui hésite entre transmission et immobilité.

JCL