Jusqu’ici, je n’ai écrit qu’une fois pour la jeunesse. Il aura fallu une commande pour que j’y vienne, mais l’idée de ce texte me trottait dans la tête depuis longtemps. Je cherchais la meilleure façon de l’adapter dans un roman pour adultes sans y parvenir. L’écrire pour la jeunesse était la solution. Et c’est ainsi que ce souvenir d’enfance a donné naissance à une nouvelle histoire.

Le souvenir en question est celui de la construction de la rocade qui entoure Bordeaux. Dans mon enfance, la ville périphérique dans laquelle j’habitais offrait encore une vie proche de celle que l’on peut avoir à la campagne. En face de chez mes parents, vivaient des maraîchers. Il suffisait de traverser la rue pour accéder à leur champ de pommes de terre. Deux cents mètres plus loin subsistait la dernière ferme, avec ses vaches. Après l’école, ma mère me confiait un pot à lait, et j’allais assister à la traite des vaches, puis revenais avec un litre de lait encore tiède.
Tout cela, y compris le petit bois que je décris dans le roman, a disparu sur le passage du long ruban de béton et d’asphalte que les adultes ont déroulé sur le terrain de jeu où nous nous réunissions chaque jour mes copains et moi. De cette situation vécue, je suis partie pour imaginer une histoire différente sur la fin de l’enfance, sur l’urbanisme galopant, l’exode périphérique et La défense de la nature.
D’un point de vue éditorial, ce livre a une histoire mouvementée puisque ceux qui ont passé commande de ce roman ne sont pas ceux qui l’ont publié. Pourtant les commanditaires l’avaient validé mais les aléas de la vie de l’édition, changement de direction, bouleversement du calendrier, m’ont amené à le proposer ailleurs, en Suisse, où Cabane en péril ! a pu trouver sa place à La Joie de Lire chez Francine Boucher.
JCL